Préface

— MAY

Un des textes importants du premier numéro de la revue May était un essai sur l’exposition Godard au Centre Pompidou en 2006. L’exposition avait été considérée comme un échec par une majorité de la presse spécialisée en France, et l’auteur, Anne Marquez, y voyait une expérimentation radicale et libre sur les limites de cette institution muséale à accueillir un cinéaste comme Godard. En détruisant les cimaises et en s’attaquent à la médiation, il révélait dans le même temps les dispositifs de projection, qui régissent les expositions de films ou de vidéos, ainsi que les dispositifs communicationnels. Dans le film d’Antek Walczak, hommage à Godard et satire du centre, la référence à Godard est omniprésente, tonalité, détail, anecdote jusqu’à incarner Godard en directeur paranoïaque.

  Ce numéro revient sur l’histoire récente ou passée du Centre Pompidou, en publiant un long essai de Kim West qui évoque l’histoire du Centre Pompidou comme celle d’une expérimentation institutionnelle, qui s’inspira de modèles suédois du Kulturhuset et du Moderna Museet au début des années 1970 sous le titre annonciateur : Coda : « un centre vivant d’information » : la connexion Paris ou de quoi Beaubourg fut-il la fin ?

  Il s’agit de voir comment le centre Pompidou a pu incarner un idéalisme cybernétique à cette époque,  travers lequel la visée de ces fondateurs étaient de rendre le musée plus accessible à tous et de le transformer en lieu de production ouvert.

   A l’occasion des célébrations de son 40ème anniversaire, avec plus d’une quarantaine d’expositions, dont la majorité reprenant des œuvres de la collection du centre d’art moderne, l’idée était plutôt d’interroger le devenir de ce modèle d’expérimentation.

  En passant par le tournant des années 2000, après la réouverture du centre dont Elysian Fields incarne un nouveau souffle, ou son épuisement dans un contexte de transformations des musées en industries culturelles, sur le modèle de la Tate Modern.  Dont les conséquences sur la gentrification de la ville et les conflits d’intérêt entre les services publics et les fondations privées se font sentir durement à présent sur les habitus des artistes.

  Quelques projets tentent de soulever des questions sur cette histoire notamment l’exposition que Yann Chateigné a organisée au centre d’art de l’Onde, qui mets en scène des archives et des pièces qui les réactivent. Ou encore le Bureau des archives populaires de l’antropologue Philippe Artières, un bureau recueillant des histoires, anecdotes sous diverses formes pendant plusieurs mois et dont la restitution est prévue cet automne.

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